Exposition “De Auckland a Orléans, bears, au bout du monde…”

Jeudi 4 septembre 2008

Exposition “De Auckland a Orléans, bears, au bout du monde…” - Dessins de Christophe JANNIN
du 23 septembre au 12 octobre 2008 à l’espace Délicat’& Scène (sous-sol du cinéma Les Carmes)

Vernissage le 10 octobre 2008 à partir de 22h (après la séance de courts métrages)

Dans une gerbe d’oriflammes où la croix de sable bordée de fleurs de lys côtoie l’étendard Arc-en-ciel et le gonfanon marqué à l’empreinte de l’ours, le gaillard s’avance armé de fer, le heaume relevé et le glaive brandi au bout de son bras puissant.

Gilles de Rais franchit les portes d’Orléans. Il marche à la suite de Jeanne la Pucelle dont il a été l’un des principaux compagnons de bataille…

La scène est magnifique, l’homme aussi. Elle prend forme peu à peu tandis que les traits s’affinent et que le stylet sur la palette superpose et fusionne les calques et les pixels.

Dehors, le soleil est bien là, un soleil austral dans cette île où les guerriers ne sont pas caparaçonnés de métal mais de tatouages géométriques…

D’Auckland à Orléans, il n’y a finalement qu’un pas, qu’une fenêtre sur le temps, une invitation en surprise et cette affiche qui s’anime pour annoncer le festival de films gays et lesbiens que le Groupe Action Gay & lesbien - Loiret (G.A.G.L) organise les 10, 11, 12 octobre.

J’ai la chance de connaître Christophe Jannin depuis quelques années déjà et le privilège d’introduire ici l’exposition d’un ami mais aussi d’un artiste polyvalent qui se définit avant tout comme illustrateur, avec toute la noblesse qu’il y a dans ce terme.

Formé dans les années quatre-vingt à l’école des Beaux Arts de Reims, Christophe finit par être freiné dans sa créativité par les limites de l’académisme pesant de certains de ses professeurs et c’est auprès des anciens élèves qu’il va affiner son apprentissage puis affirmer son style. Titulaire d’une Maîtrise d’histoire de l’Art en Architecture médiévale en 1991, il enchaîne les missions alimentaires avant d’avoir l’opportunité d’intégrer, quelques années plus tard, une entreprise d’infographie à Paris.

C’est là, dans la capitale, que son talent se révèle et prend véritablement son essor. Le trait de Christophe, ses hommes virils, robustes, sensuels et barbus, ceux qu’on appelle « ours » dans la grande famille rainbow commencent à faire parler d’eux et marquer les esprits.

Les expositions s’enchaînent, les commandes et les publications aussi. La vie parisienne dans le milieu gay a ses codes, ses exigences, sa propre logique, sa capacité d’usure également.
En 2004, la vie personnelle de Christophe Jannin prend un nouveau tournant et le conduit en Nouvelle-Zélande un an plus tard. Au pays du Long nuage blanc, il n’est pas parti en exil, non. Juste plus près des valeurs personnelles qui fondent la totalité de son œuvre et au centre desquelles figurent le travail, l’humilité et l’humanisme.

Le festival d’Orléans propose un ensemble de dessins réalisés depuis 2007 dans cet autre bout du monde. Une période particulièrement foisonnante en inspiration.
On pourra y découvrir des travaux où la dimension symbolique prolonge la première lecture toute en sensualité des courbes, en chaleur des couleurs, en bienveillance des personnages qui représentent magnifiquement – à la façon de Gilles de Rais brandissant son glaive en signe de victoire- cet « esprit bear » qui m’est si cher et qui ne pouvait pas se trouver meilleur ambassadeur.

QAHERABEAR


Envoie l'article à tes amis