A l’occasion de la journée internationale de la Femme, le Groupe Action Gay et Lesbien - Loiret a décidé de rencontrer, le 28 février dernier, le Docteur Laurence Wittke, médecin au planning familial d’Orléans la Source, afin de s ‘entretenir de tout ce que vous avez toujours voulu savoir et n’avez jamais osé demander sur la santé lesbienne, si peu abordée dans les médias.
Voici une synthèse de cette rencontre :
GAGL : Nous souhaitons parler de santé lesbienne car nous avons l’impression que, par manque d’information peu d’entre elles se font suivre par un gynécologue, l’avez-vous constaté, parlez-vous d’orientation sexuelle avec vos patientes?
Dr LW : Non, je ne pose pas la question.
GAGL : Le suivi est-il le même que pour les femmes hétérosexuelles?
Dr LW : Oui, le suivi est le même.
GAGL : Les risques par manque de suivi sont-ils les mêmes?
Dr LW : Les femmes en général ont des seins et un utérus, donc le suivi est recommandé pour toutes. L’idéal est une consultation gynécologique par an, mais mieux vaut consulter tous les trois ans que jamais! Nous ne savons pas vraiment à partir de quelle fréquence la prévention est efficace, ni en deçà de laquelle elle ne l’est plus.
GAGL : Quels sont les principaux risques infectieux pour une femme? Quels cas rencontrez-vous le plus?
Dr LW : Les plus courants sont les chlamydiae, la plupart du temps sans symptômes flagrants, qui peut mener à la stérilité, « le traitement-minute », quatre comprimés ingérés simultanément, est
très efficace. Ensuite les mycoses et vaginoses, qui ne sont pas classées IST*, et viennent du déséquilibre de la flore vaginale, leur traitement est aussi très simple et efficace. On a le papillomavirus, à partir duquel peut se développer les condylomes et le cancer du col de l’utérus.
Le dépistage des chlamydiae se fait par prélèvement lors de l’examen du col de l’utérus ou par analyse d’urine, le papillomavirus se dépiste aussi lors de l’examen du col, par un frottis. Il se pratique à partir de 25 ans. Heureusement, le taux de guérison est de plus de 99% quand le papillomavirus est dépisté à temps.
Les infections les plus graves sont l’hépatite B et le HIV, mais comparativement aux autres, elles sont beaucoup plus rares et il est donc exceptionnel que ce soit nous qui en fassions le diagnostic même si ces dépistages font parti des bilans systématiques d’IST que nous prescrivons.
GAGL : Les lesbiennes sont concernées par le papillomavirus, à l’origine du cancer du col de l’utérus. L’efficacité du vaccin Gardasil, dont on voit la publicité à la télé, est-elle garantie?
Dr LW : Il ne protège pas contre toutes les formes de virus et donc contre tous les cancers. Dans les cas où il fonctionne, nous n’avons pas encore le recul pour savoir s’il est valable plus de cinq ans. Nous n’avons pas de recul non plus quant aux effets indésirables et à une réelle diminution de mortalité par ce cancer. Ce qui est sûr, c’est qu’il réduit le nombre de cancer du col de l’utérus.
GAGL : On nous dit qu’il est efficace avant tel âge, et avant ou dans l’année qui suit les premiers rapports, cette publicité est plutôt orientée hétéro, qu’appellent-ils rapports sexuels?
Dr LW : Effectivement elle est orientée hétéro, je n’en sais pas plus.
GAGL : En parlant de prévention, se faire suivre a un rôle préventif vis à vis du cancer du sein, quels sont les contrôles à effectuer, à quelle fréquence?
Dr LW : L’idéal, c’est un examen par an, consulter dès que l’on a un doute! Bon à savoir : on constate une explosion du nombre de cancers à partir de cinquante ans, mais on en diagnostique aussi chez des femmes jeunes.
GAGL : Autopalpation : pourriez-vous nous donner quelques conseils?
Dr LW : Cette pratique n’est plus à la mode : certains seins sont plus difficiles à examiner que d’autres, elle a donc surtout généré des angoisses injustifiées…
Nous en resterons là cette fois, mais nous nous retrouverons bientôt pour de nouvelles aventures, avec d’autres sujets, qui concernent aussi les garçons, comme la procréation assistée et l’homoparentalité.
Interview réalisée avec l’aimable participation d’Emilie, Lucile et Noëlle.
*IST : Infection sexuellement transmissible
Informations utiles :
Le Planning Familial est une association féministe qui a pour vocation d’apporter une aide aux femmes dans le cadre de leur sexualité.
Le planning d’Orléans la Source accueille les femmes qui aiment les femmes sans a priori, pour un petit renseignement, une conversation avec un médecin, une consultation gynécologique… Vous pouvez même vous y faire suivre régulièrement.
Les services qu’il propose, ses coordonnées et autres renseignements pratiques sur son site web :
site internet : http://www.planning45.org
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