SOIREE ROUGE - 27 MARS 2010 à ORLEANS au profit de SIDACTION

Archive pour la catégorie ‘Portraits LGBT du Loiret’

Stéphane, photographe corps et âme

Rédigé par Pascal Matthieux le 12 - novembre - 2009 1 COMMENTAIRE

Né à Orléans il y a un peu plus de 21 ans, Stéphane Hussein, conseiller clientèle en horlogerie, ne fait rien sans passion, en particulier s’agissant de ce qui donne aujourd’hui sens à sa vie : la photographie.

Stef1Assis sur un canapé de son salon décoré avec goût, Stéphane Hussein parle avec passion de la photographie. « Un jeu » autant qu’une « échappatoire ». « Je peux y passer des heures. J’y prends du plaisir » explique le jeune homme. Un goût pour l’art qu’il se souvient avoir découvert très jeune,  influencé sans doute un peu par un père qui avait fait des études d’architecte et une mère « très créative ». Stéphane aurait d’ailleurs aimé faire des études artistiques. Cependant, pas vraiment encouragé dans cette voie par son entourage, il va très vite choisir l’apprentissage et le commerce, contre l’avis du principal du collège de Chécy qui avait décelé en lui des aptitudes littéraires. Mais le jeune Cacien a envie d’indépendance. L’alternance lui en offre la possibilité.

stef2

"Time Goes Back"

Souvenirs. C’est d’ailleurs avec ses salaires d’apprenti vendeur qu’il va acheter à un ami, d’occasion, son premier réflexe numérique. Quelques années plus tôt, il aura fait ses premiers pas dans l’art de la photo avec un 24×36 compact. De ceux dont le boiter s’ouvre facilement, détruisant d’un coup toutes les images déjà sur la pellicule. A cette époque, il s’agissait surtout de « garder des souvenirs » : « La chienne de ma gardienne, les têtards dans la mare, les poneys de mes vacances » raconte-t-il aujourd’hui en souriant. Sentimental et facilement nostalgique, Stéphane « aime avoir un souvenir de toute ce [qu'il] fait ». Puis, vers 16 ans, il commence, avec un compact numérique, « à faire prendre des pauses aux autres et à moi-même », et plus largement à « tous ceux qui voulaient bien se prêter au jeu ». Viendra donc ensuite le premier réflexe numérique, puis le second, le Nikon D700 avec lequel il travaille désormais. « Un prêt-cadeau à durée indéterminée » que lui fait son père.

stef3Improvisation. Autodidacte, Stéphane fait de la photo à la manière des premiers jazzmen qui jouaient de la musique sans savoir lire les notes. Le jeune homme travaille à l’instinct, sans connaître par avance les fonctionnalités de son appareil, sans avoir lu « la notice qui ressemble à un dictionnaire ». Un empirisme qu’il applique aussi dans le choix de ses sujets. Ainsi de la mise en scène qui est aujourd’hui au centre de son art. S’il écume désormais les boutiques orléanaises pour y dénicher des objets plus ou moins insolites à intégrer dans ses tableaux vivants (masques, robes, fleurs, vases,…), il a longtemps agi de manière non pré-méditée« au feeling ». L’improvisation n’a cependant pas totalement disparue de ses photos. Le mystère non plus. Stéphane aime intégrer à ses images des messages codés. Des détails, des objets qui ne parleront qu’à ceux qui en connaîtront le sens et intrigueront les autres. Pour ne jamais se dévoiler totalement.
Car c’est d’abord lui que Stéphane livre dans ses photos qui  « sont le reflet de mon humeur et de ma personnalité ».  Manière aussi de donner à voir, à deviner, – sans les dire – des douleurs enfouies. Il faut sans doute apprendre à regarder ses œuvres pour comprendre : « Mes photos reflètent mon âme ».

stef4

"Bazar Bizarre"

Préférences
Son livre préféré : Le liseur de Bernhard Schlink
Son réalisateur préféré : Tim Burton
Le personnage qui l’a marqué : Edith Piaf . « Dans le film La Môme, je chiale à chaque fois quand elle apprend la mort de Marcel Cerdan ».
Ses photographes préférés : David Lachapelle et Gregory Crewdson
Ses plats préférés : la raclette et les galettes de blé noir
Son rêve : vivre un jour de sa passion

Le bar-coktail O’Reds à Orléans accueille depuis le 31 octobre la première exposition photo de Stéphane Hussein : Troubles Apparences.

Plus d’infos : stephanehussein.book.fr

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Ambroise, l’égalité au cœur

Rédigé par Pascal Matthieux le 12 - octobre - 2009 AJOUTER VOTRE COMMENTAIRE

Militant communiste engagé contre toutes les formes de discrimination, attaché de com’ et de relations publiques, Ambroise Passegué aspire, à 30 ans, à construire du durable aussi dans sa vie personnelle.

ambroiseAmbroise est nostalgique de Paris. Quand ses parents le « récupèrent » en 2004 après plusieurs années passées dans la capitale, le jeune homme qui a alors 25 ans, accuse « une grosse fatigue physique et morale ». Qui plus est, il vient de perdre ses deux emplois, pour cause, notamment, de fin de l’expérience « emploi-jeunes ».
Les relations d’Ambroise avec sa famille n’ont pourtant toujours été aussi faciles. Son coming out familial à 15 ans provoque un véritable séisme dans cette famille catholique de gauche. Et se traduit pour le garçon de l’époque par un double deuil : celui de ses parents et celui de sa première histoire d’amour. Le copain de lycée avec qui il sort à ce moment-là préfère rompre. Cette épreuve fait mûrir Ambroise de manière accélérée et marque le début de son engagement. Dans l’éducation populaire – aux CEMEA – mais aussi « dans les matières que j’adore ». Lycéen à Voltaire à Orléans La Source, il se donne comme objectif de décrocher son baccalauréat littéraire avec brio. Il l’obtient avec la mention « bien » et l’une des meilleures notes d’histoire de l’académie. Fort de ce bagage, il quitte Sandillon, la terre de ses ancêtres, pour Paris et des études d’histoire de l’art et de communication.

ambroise2Pacs. Ambroise commence par travailler en alternance dans des salles de spectacle. Et aussi pour une boite de nuit gay parisienne bien connue. Nous sommes alors en plein débat sur le Pacs. Au centre gay et lesbien de Paris qu’il fréquente, il découvre la mobilisation du milieu homosexuel pour l’égalité des droits. Ambroise vit dans le quartier de Belleville où il retrouve à la fois l’ambiance « village » de son Sandillon natal et où il peut profiter, lui l’amateur d’art, du foisonnement culturel, mais aussi de « l’anonymat », de « la folie quotidienne » qui fait qu’on ne sait pas le matin ce qu’on va faire le soir ni qui on va rencontrer. « Que ce soit au plan social ou sexuel, les relations à Paris ne sont pas si superficielles que ça » affirme Ambroise.

Fête de l’Humanité. Lorsqu’il revient à Orléans, chômeur et fatigué, Ambroise » redécouvre [sa] ville « . Poussé par ses parents, il s’inscrit au CNAM et en licence d’espagnol. Puis fait la connaissance du GAGL.   » C’est grâce au GAGL que j’ai rencontré des gens – Denis, son président en particulier – qui partagent la même identité que moi et qui m’ont aidé à reprendre pied « . A la demande de l’association, Ambroise planchera sur « la déportation homosexuelle pendant le IIIe Reich ». « Ca m’a redonné confiance en moi » se souvient le jeune homme.
ambroise3La rencontre avec un responsable national et local du Parti communiste, le fait adhérer au PCF en 2005, à l’occasion de la fête de l’Humanité. « A la gauche de à gauche », Ambroise fait partie, affirme-t-il, de « la jeunesse déçue par la gauche plurielle ». Cette entrée en politique lui permet de « structurer mes idées de gauche et de repenser le combat politique ». Il sera candidat aux élections municipales en 2008 sur la liste PS-Verts-PC conduite par Jean-Pierre Sueur.

Mariage gay. Un combat politique qu’il met prioritairement au service de son combat pour l’égalité auquel il a été initié durant ses années parisiennes. Ambroise est d’ailleurs membre de « Fiers et révolutionnaires » qui regroupe les militants communistes féministes et LGBT. « Fondamentalement » favorable au mariage et à l’adoption pour les couples gay et lesbiens, il s’interroge encore sur « la gestation pour autrui ». Mais avant tout, il est à la fois préoccupé par « le conservatisme croissant d’une part importante de la communauté homosexuelle » et animé par « l’émancipation des minorités des minorités : les trans, les intersexe, les gays des banlieues » qui, à l’intérieur même du milieu homosexuel, sont victimes de discriminations. De la part en particulier de jeunes, souvent « apolitiques » « qui n’on jamais connu, dans leur famille ou leur entourage, de problèmes liés à leur homosexualité ».
Arrivé à la trentaine et sans lâcher son action politique, notamment pour « qu’Orléans repasse à gauche un jour », Ambroise le toujours célibataire, souhaite désormais « [se] donner les moyens de construire un projet de vie commune ». Une formule dont la complexité en dit long sur le chemin qui lui reste à parcourir.

Préférences
Ses livres préférés : Le Bateau phare de Blackwater de Colm Toibin, Quand est-ce que l’on arrive d’Oward Buten.
Son réalisateur préféré : Pedro Almodovar
Son plat préféré : le ragout de pied de cochon.
Quand il sort : au Sweet and co (photos) – « Chez Coco » – et dans les bars de quartier en général (« Ca me rappelle Belleville »).

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Candide Cindy

Rédigé par Pascal Matthieux le 29 - septembre - 2009 AJOUTER VOTRE COMMENTAIRE

Jeune fille à la fois sensible, discrète et déterminée, Cindy Le Moal aspire, à 25 ans, à une vie stable et tranquille – « hors milieu » - avec Valérie, après une enfance plus que tourmentée. Persuadée que sa vie n’a aucun intérêt à être racontée, craignant qu’on croie qu’elle veuille se faire plaindre, elle a hésité à se confier.

cindy2Toujours élégamment vêtue et maquillée avec goût, Cindy est le type même de jeune femme qui fait se retourner les hommes dans la rue. Peine perdue. Cindy, ce sont les filles qu’elle préfère. Une attirance, affirme-t-elle, découverte à la maternelle lorsqu’un de ses camarades de classe lui a expliqué que deux femmes pouvaient se marier ensemble. « Je vais me marier avec Magali » se souvient de lui avoir répondu Cindy.
Bien sûr, pendant l’adolescence, elle flirte avec des garçons « pour faire comme tout le monde ». Mais à 17 ans, elle décide qu’elle est lesbienne, l’annonce à sa mère – qui pense alors que ça ne durera pas – et à quelques amies, sans pour autant passer à l’acte. Il faudra attendre pour cela sa rencontre avec Sandra, « même âge que moi et dans la même galère ». Trois ans de vie commune chaotique, avec, à l’issue, une séparation que Cindy vivra très douloureusement : « Tu ne sais plus marcher, tu ne sais plus rien faire ». Le bonheur viendra de gayvox, un site d’information et de rencontres gay et lesbiennes. Dans ses nombreux contacts, Valérie était la seule à ne pas avoir de photo sur son profil. Cindy l’imaginait comme une grande black. Jusqu’à une rencontre, pendant Les Tombées de la Nuit à Rennes, organisée via sms et à laquelle Cindy arrivera avec trente minutes d’avance et Valérie avec autant de retard, grande, mais blanche.

Cindy1Famille d’accueil. Après des passages par Paris et Lyon (« Merci la carte 12-25 »), les deux jeunes femmes qui vivent ensemble « depuis le 31 décembre 2007 » viennent s’installer dans l’agglomération d’Orléans où Valérie a été mutée. Elles habitent désormais une petite maisonnette. Une tranquillité et une stabilité à laquelle Cindy aspire depuis longtemps. Un désir sans aucun doute hérité d’une enfance particulièrement mouvementée.
La mère de Cindy a 19 ans quand elle met au monde sa première fille. Son père en a 21. « Le plus beau mec du quartier de la ZUP Sud de Rennes ». « Le Blosne » comme on dit là-bas. Un mec macho et tatoué, « chemise, jean et mocassins blancs », qui, au début des années 80 faisait se pâmer d’envie les adolescentes. Mais très vite, la vie du jeune couple se délite. Ponctuée par les dépressions et les tentatives de suicide de sa mère. Une fois, Cindy, à l’âge de 6 ans, la sauvera d’une mort certaine, traversant la Zup en courant pour prévenir sa tante qui alertera les secours. Au bout du compte, après que son père eut quitté le domicile familial, Cindy et sa jeune sœur se retrouveront en famille d’accueil, à Saint-Malo pendant quelques mois, puis à Redon, durant huit années. « C’était la première fois que je voyais une grande grande maison avec un grand grand jardin » se souvient aujourd’hui la jeune fille. La famille, catholique pratiquante, a déjà cinq enfants adoptés (deux Réunionnais, un Malgache et deux Guatémaltèques) et un enfant trisomique placé là, lui aussi, comme Cindy et sa sœur, par un juge des enfants. « C’est elle qui m’a élevé » dit laconiquement Cindy à l’évocation de cette période, avec, derrière ces mots, on le perçoit, de très douloureux non-dits.

cindy3Un enfant. Cindy aurait voulu être comédienne de théâtre. Elle en a d’ailleurs fait pendant presque trois ans à l’Arkiane Théâtre de Redon. Déterminée, elle se renseigne pour intégrer le Théâtre national de Marseille. « Mais il me fallait un appartement là-bas. Et ca n’était pas la DDASS qui aller me le payer ». Nouvel échec quand, quelques années plus tard, alors qu’elle est retournée vivre avec sa mère et son nouveau mari, elle croit un temps pouvoir accéder à une classe préparatoire pour devenir technicienne de spectacle. Le coût de la formation – 30 000 francs à l’époque – sera à nouveau rédhibitoire. « J’ai été très malheureuse pendant des semaines » se souvient Cindy. Elle intégrera finalement la faculté de Ker Lann à Bruz pour y apprendre les métiers de l’hôtellerie. Aujourd’hui serveuse dans un hôtel–restaurant de l’agglomération d’Orléans, Cindy a définitivement abandonné son rêve d’enfance : « Le théâtre, c’est pas comme le vélo, si tu ne pratiques pas, tu oublies ». « Je veux un bon boulot et une grande maison avec Valérie ». Et aussi, peut-être, un enfant, ou deux même. « Une enfant chacune avec un père commun ». Avec, dans ce désir, la volonté de recréer une lignée plus stable que son ascendance. « Pour laisser une trace de moi ». Et, à l’instar du Candide de Voltaire, aller cultiver son jardin.

photos Yannick Destaillats

Ses auteur préférés : Voltaire et Jean Cocteau
Son film préféré : High Art de Lisa Cholodenko (1999)
Son plat préféré : la moussaka
Quand elle sort : chez des amis.

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Laurent le magique

Rédigé par Pascal Matthieux le 21 - septembre - 2009 AJOUTER VOTRE COMMENTAIRE

Giennois né en Bretagne, Laurent Crespin, est, à seulement 20 ans, à la tête d’une florissante entreprise de magie, Tim Silver Production. Il est aujourd’hui totalement reconnu de ce monde très fermé. Retour sur le parcours époustouflant d’un enfant prodige.

Photographe : Stéphane Hussein

Laurent est tombé dans la magie quand il était petit. Depuis, il est insatiable. Comme beaucoup d’autres enfants, il reçoit en cadeau, à l’âge de 5 ans, sa première boîte de magie. « J’ai appris tout ce que l’on pouvait faire avec cette valise ». Il se produit devant ses parents et ses amis. Mais très vite, il en veut plus. Une deuxième, puis une troisième mallette suivront. Avec, finalement, des tours qui se ressemblent toujours plus ou moins. Alors, à 7 ans, il décide de passer à la vitesse supérieure. Aidé de l’annuaire, il contacte des magiciens. Laurent découvre très vite qu’il tente de pénétrer « un milieu très fermé. Ils ne t’aident pas. Il faut être autodidacte pour devenir magicien ».

n1381740525_30109252_8286Ecole primaire. La découverte du magasin Mic-Magic, dans le quartier Bourgogne à Orléans va lui ouvrir de nouvelles perspectives. Le patron de la boutique lui propose des cassettes vidéo d’initiation, lui fait découvrir de nouveaux tours. Dans le même temps, il court les conférences à Orléans et à Paris. Avec son père qui le soutient dès le départ. « Ma mère était contente aussi mais disait que ça me passerait. Aujourd’hui, ils me font régulièrement la surprise de venir assister à des galas où je ne les attends pas ».
Pendant cinq ans, entre 7 et 12 ans, il se produit partout où cela est possible. A 8 ans, il présente lui-même le gala de l’école primaire où il est inscrit à Gien. Ses soirées, ses vacances, tout son temps libre sont consacrées à la magie. Et à 12 ans, Laurent fait son premier spectacle rémunéré. Recruté par une association, il se produit devant 400 personnes. Le Journal de Gien et La République du Centre relaient l’événement. Dès lors, c’est l’enchaînement. On va «s’arracher» le jeune prodige. On le réclame pour les fêtes du 3e âge ou les kermesses paroissiales, dans les associations, les petites communes.

Orléans TV. Un événement déterminant se produit un peu avant sa majorité. Rémy Desmantes, le directeur du musée du Cirque et de l’Illusion de Dampierre en Burly lui propose de l’accompagner sur le plateau d’une émission de la toute naissante Orléans TV. Il est immédiatement repéré. Pendant plusieurs années, il présente ses tours dans le cadre « Comme à la maison ». « Je dois à Rémy Desmantes une grande partie de ce que je suis aujourd’hui » explique Laurent. Dans le même temps, il décide de faire son année de terminale par correspondance : « Les cours me prenaient trop de temps ». Dès ses 18 ans, il passe son permis. «Je l’attendais. La voiture était prête. Et la camion presque aussi ». Car il faut désormais transporter du matériel volumineux, des accessoires de « grande illusion » que ses premiers cachets lui permettent d’acquérir. « J’en avais envie depuis tout petit. Il me manquait juste les moyens » se souvient Laurent. Il s’appelle désormais Tim Silver.
Son passage à la Star’Ac sur TF1 en novembre 2008 avec son spectacle Magic Tribal, va accroître sa notoriété. C’est ce même show mettant en scène douze personnes et un tigre teby qui lui vaut aujourd’hui une première consécration officielle. Le 12 octobre à l’Opéra de Massy, Magic Tribal est au programme du gala des Mandrake d’Or.

Tim-SilverLas Vegas. Pas question, pour autant, pour Laurent, de s’endormir sur ses lauriers. Car Tim Silver a deux choses en tête. Un projet : ouvrir un cabaret en Sologne – « j’économise tous les mois pour cela » ; et un rêve : « Finir à Las Vegas, la capitale mondiale de la magie. C’est le rêve de tous les magiciens ». Avec, toujours chevillée au cœur, cette passion intacte qui lui fait arborer un large sourire quand il l’évoque : « Le pouvoir d’émerveiller le gens ».

Auteur de la photo « Le temps d’une illusion » : Stéphane Hussein, photographe


Son livre préféré : La Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb
Son film préféré : Le diable s’habille en Prada de David Frankel
Son plat préféré : le tournedos Rossini
Quand il sort : au restaurant (« je choisis ») ; en discothèque (« je vais là où on m’emmène »)

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Michel, en quête du Graal

Rédigé par Pascal Matthieux le 11 - juillet - 2009 2 COMMENTAIRES

Technicien de maintenance dans un établissement public de l’agglomération d’Orléans, Michel Phylos, 59 ans, aime s’interroger sur le sens de la vie et de la sienne en particulier. Il semble avoir trouvé dans le bain de jouvence de son cercle d’amis, une nouvelle raison d’être.

michel3jpgSur facebook et sur son skyblog, il se fait appeler Michel Phylos, du nom du héros du livre de science fiction J’ai vécu sur deux planètes : « Un fabuleux voyage dans le temps et l’espace : le narrateur traverse les siècles et les civilisations, au fil d’incarnations successives, de la période mythique de l’Atlantide aux Temps modernes » peut-on lire sur Internet. Mais Phylos est aussi, dans la mythologie cathodique de Startrek, une planète « d’une civilisation technologiquement avancée ».


Séparation. Michel Phylos, Michmich ou Michou pour les intimes, est un peu tout cela. Passionné d’informatique – « mon pc a toujours le ventre ouvert », en quête d’une éternelle et inaccessible jeunesse, il a déjà vécu plusieurs vies. Celle d’homme marié et de père de famille, pendant quatorze ans, qui a donné naissance à deux enfants aujourd’hui adultes. Si sa fille de 25 ans habite dans un appartement qu’il a aménagé au sous-sol de sa maison à Saran, tous les ponts sont désormais rompus avec son fils de 29 ans, qui, après une période où il a accepté la sexualité de son père, a fini par « mélanger homosexualité et pédophilie » explique Michel qui ajoute tristement :  « Je le vis mal ».
Depuis sa séparation, il y a quinze ans, Michel tente de vivre au mieux avec une sexualité qu’il n’a pas toujours assumée « A 20 ans je me sentais anormal, je n’acceptais pas le regard des autres, se souvient-il. J’ai fait une psychothérapie pour me débarrasser de ça ».
Et puis il a eu ce jour de Pâques 1998. Michel a alors 48 ans. L’homme – marié – dont il est amoureux et qu’il a un temps hébergé chez lui, se suicide à l’âge 33 ans. Dès qu’il évoque ce moment douloureux, des larmes montent instantanément aux yeux de cet homme qui semblait serein quelques instants auparavant. Plus de dix ans après ce drame, la plaie reste vive. Il y a, indéniablement, pour Michel, un avant et un après le suicide de celui qui était aussi son collègue de travail. Ce sera la goutte qui fait déborder le vase d’une vie sentimentale faite de beaucoup de souffrances. Quatre ans de thérapie seront nécessaires pour qu’il  parvienne à remonter la pente, avec des périodes où, il le reconnaît, il a parfois songé au suicide.

michel5jpg« Discrimination d’âge ». Il faudra l’ouverture de la discothèque Le Cercle pour que Michel puisse enfin vivre sa sexualité de manière plus sereine. Jusqu’alors, il se sentait victime d’une « discrimination d’âge ». Au contraire, au Cercle, que son ami le plus proche, Anthony, lui fait découvrir, Michel a «  trouvé une autre mentalité, un vrai contact humain, de l’amitié et aucun rejet dû à l’âge ». Au point qu’il est désormais très souvent entouré, chez lui ou en discothèque, d’un groupe de jeunes (des hommes essentiellement). « Je leur apporte de l’expérience, une certaine tranquillité d’esprit, un calme qui les rassure » explique Michel. « C’est comme un deuxième père pour nous » confirme un de ses proches amis.
« Je me sens beaucoup mieux aujourd’hui. J’ai l’impression d’avoir retrouvé un certain équilibre » se réjouit l’homme assis ce jour là en débardeur à la terrasse du Sweet and Co. Mais cette proximité juvénile n’est pas sans risque. Le bientôt sexagénaire est tombé amoureux d’un de ses jeunes amis, de 40 ans son cadet, avec lequel il cultive « une amitié complice », sans que pour autant le jeune homme ne partage des sentiments équivalents.
« Je suis un homme qui a toujours 20 ans de cœur et un peu fleur bleue, bien dans sa peau, mais à qui il manque un petit ami pour lui offrir tout l’amour qui déborde de moi. » confie Michel sur son skyblog.
Autant dire que sa proche retraite l’angoisse parfois. « J’ai peur de vieillir seul » reconnaît-il. Il est cependant bien décidé à ne pas se laisser aller. Il envisage ainsi de s’investir plus activement dans le GAGL dont il est adhérent. Michel souhaiterait faire de l’écoute téléphonique. « J’aurai aimé être psy… pour aider les autres ».

michel4jpgSes livres préférés : Et après de Guillaume Musso, Et si c’était vrai de Marc Lévy, Le pèlerin de compostelle de Paulo Coelho, Les Grands initiés d’Edouard Schuré…
Ses films préférés : les dessins animés (Walt Disney, Astérix, etc.), Harry Potter, Independance Day, Le 5e élément, Star Wars, Le Nom de la Rose, Men in Black, Bienvenu chez les Chtis.
Son plat préféré : pavé de saumon sauce Roquefort et tagliatelles (sa spécialité)
Il sort au Cercle, au  Sweet And Co, au cinéma, avec des amis
Il est fan du Dalaï Lama

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Mehdi, l’homme bléssé

Rédigé par Pascal Matthieux le 2 - juillet - 2009 11 COMMENTAIRES

A 22 ans, sans emploi, Medhi Wilson rêve de quitter son petit coin de Berry pour aller vivre à Hong Kong. Marqué au fer rouge pendant sa préadolescence, il ne doit son salut qu’à l’amour… et à la « fée clochette ». Il en témoigne avec courage.

P010609_17.20« Un soir il est rentré chez lui après le travail, il été très énervé, j’ai essayé de le calmer, de lui dire que moi j’étais là, que je tenais à lui. Alors il m’a serré très fort et il m’a frappé, si fort que je n’arrivais plus à respirer. Au bout d’une heure, je ne ressentais plus rien, je voyais ses coups partir mais mon corps ne répondait plus, alors je suis resté par terre et j’ai attendu qu’il en finisse. Après deux heures de coups non stop, il m’a transporté dans son lit, il m’a dit que je n’étais qu’une merde, un pauvre type, que j’étais le mec le plus laid qu’il ait jamais rencontré ». Les mots sont durs. Mehdi a 15 ans lorsqu’il vit ces terribles moments, avec son premier amour, un homme de 25 ans, comme bourreau. Aujourd’hui encore, la plaie reste à vif : « On ne répare pas un cœur qui vole en mille éclats » a récemment écrit le jeune homme sur Facebook.
Plus tard, vers 17 ans, il devra faire faire aux avances puis, face à son refus, au harcèlement moral du patron de l’agence de communication où il a trouvé un emploi. Un travail qui lui plait pourtant. Las. Cette fois, il contactera un avocat qui, preuve à l’appui (sms, conversations msn) négociera licenciement à l’amiable. Mehdi se dit aujourd’hui qu’il aurait peut-être dû aller aux prud’hommes, pour que l’indélicat employeur ne recommence pas avec un autre.

Auparavant, Mehdi aura tenté une formation de styliste, « mais je suis tombé sur une prof de couture qui ne comprenait pas qu’un garçon puisse préférer la couture à la mécanique » déplore Mehdi avec regret.
Pendant cette prime jeunesse, Mehdi doit aussi faire face à une autre difficulté majeure : son obésité et Imagetoutes les vexations et humiliations qui vont avec. Paradoxalement, c’est en découvrant son attirance pour les garçons qu’il va commencer à maigrir. Le stress – aggravé par le rejet violent dont il fait l’objet de la part de la famille musulmane de sa mère – va lui faire perdre du poids.

Le tableau ne serait pas complet si l’on ne précise pas que, lorsque Mehdi avait 10 ans, sa mère algérienne quitte son père, d’origine italienne, pour un autre homme.
On comprend que, face à d’aussi terribles épreuves, il soit arrivé à Mehdi de penser au suicide. Mais le jeune homme va tenir le coup. Pour son petit frère, son cadet de cinq ans dont il doit s’occuper, en l’absence de sa mère et pour aider son père ouvrier. Parce qu’à 17 ans, il va rencontrer Dimitri et, très vite, au bout de trois semaines, quitter le domicile familial pour aller vivre avec lui en lançant à son père et à sa sœur : « Je suis homo. Acceptez moi comme je suis car je ne pourrais pas changer ou je devrais partir  ».

« La fée clochette m’a aidée » assure aujourd’hui Mehdi avec un large sourire qui, « depuis tout petit » est fan de Disney (il va à Disneyland Paris deux fois par an) et des princesses en particulier, comme en témoigne la collection de figurines sur les étagères de sa chambre. Arielle la petite sirène est sa préférée, « parce qu’elle est prête à laisser toute sa famille et tout son passé pour un homme ».
n1623090389_228931_4296755Pour l’heure, Mehdi est aux petits soins pour une vraie princesse : sa mère, qui va se remarier le 1er août. C’est à lui, son témoin, que revient la mission d’en faire la reine d’un jour : robe de mariée, coiffeur, manucure, il s’occupe de tout.
Un autre jour, à son tour,- « bientôt j’espère » – Mehdi s’unira à son prince charmant.

Son livre préféré : Geisha d’Arthur Golden dont a été tiré le film Mémoires d’une geisha de Rob Marshall.
Son réalisateur préféré : les thaïlandais frères Pang (Oxide et Dany)
Son plat préféré : le potage pékinois
Quand il sort, c’est chez des amis.

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