Mardi 3 novembre 2009 à 13h30, au tribunal d’Orléans aura lieu la deuxième partie du procès d’une agression d’un homosexuel qui a eu lieu en 2007.
En effet, la nuit du 4 au 5 août 2007, Etienne* s’est fait rouer de coups sur un lieu de rencontre gay par une dizaine de jeunes hommes. Grâce à la présence d’esprit d’un témoin qui a relevé les numéros de plaque de la voiture des agresseurs, ceux-ci ont été retrouvés. Trois ont été inculpés dont un mineur au moment des faits. Aucune insulte n’a été proférée sur les lieux. Les agresseurs ont nié le caractère homophobe de l’agression.
Une première audience, devant le Tribunal pour enfants, a eu lieu le 11 avril 2009. Le mineur au moment des faits a été reconnu coupable d’agression en réunion à caractère homophobe et condamné à 4 mois de prison avec sursis et 2 ans de mise à l’épreuve. L’audience qui aura lieu ce mardi devra déterminer la responsabilité et le rôle des deux autres agresseurs impliqués.
Depuis maintenant plus de deux ans, la victime vit avec ce souvenir et ses nuits sont hantées par des cauchemars. C’est un traumatisme important qui fait l’objet de suivi médical. « Ces 2 années écoulées n’ont pas été simples mais je tenais à aller au bout de ce combat, pour pouvoir garder la tête haute, et inciter d’autres personnes dans mon cas à porter plainte » dit-il.
Le GAGL45 joue, depuis le début, son rôle de soutien, d’écoute et de conseil dans les démarches juridiques. Nous espérons que ce procès va permettre à Etienne* de passer à autre chose, de pouvoir vivre à nouveau sereinement et envisager un avenir.
En tant qu’association de défense des droits des personnes LGBT, on ne peut que déplorer qu’une personne homosexuelle soit battue pour ce qu’elle est. Nous rappelons avec force que l’homosexualité n’est ni une maladie, ni un délit, ni une faute. C’est un fait de la nature.
Cette question dépasse le simple soutien communautaire, c’est l’ensemble de la société qui doit être interpellée par ces agressions
Chacun a un fils, une fille, un cousin, une cousine, un ami, une amie qui souffre ou peut souffrir de telle discrimination dans son entourage familial ou professionnel.
A Orléans et dans le Loiret ainsi qu’en France, les agressions homophobes sont de plus en plus déclarées par les victimes grâce à l’évolution de la Loi qui fait qu’elles sont poursuivies et condamnées. Nous ne pouvons en rester là, car un certain nombre sont tues parce qu’elles provoquent la honte et la peur du rejet.
Nous demandons une vraie campagne nationale et locale de lutte contre l’homophobie ainsi que le développement volontariste d’une politique éducative luttant contre toutes les formes de discrimination dès la classe de quatrième. Les agresseurs sont la plupart du temps des jeunes tout juste sortis du système scolaire.
Nous demandons également que soient affirmées clairement les valeurs de respect de l’autre tel qu’il est et de non-violence par les responsables politiques et religieux.
*le prénom a été changé
pour le GAGL45,
le président Denis LEFEVRE

Article La République du Centre - 03 nov 2009:
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