Bouillon de culture au GAGL 45 : invitation à découvrir François MAURIAC au travers de sa biographie intime.
Les Arts, la peinture, la littérature lient souvent l’homosexualité à la sensibilité et finissent , peut-être, par l’enfermer. Elle n’est pas non plus souvent mise en avant, comme un stigmate pérenne de honte ou d’opprobre ou du moins comme une pratique connue, récurrente mais cachée. Les personnalités écrasantes de léonard de Vinci ou de Michel-Ange rivalisent pour le 16ème siècle dans nos mémoires avec celles des plus grands monarques (Charles quint, François 1er…) et définissent ce que Vasari nomme le « génie ». L’invention des langages artistiques ordonnent sans doute ce que Dieu dit à Adam dans la genèse : » tu nommeras les choses en ce jardin ». Si les choses sont de Dieu, la parole est à l’homme.
La révélation publique de l’homosexualité de François Mauriac par Jean-Luc Barré dans une Biographie intime dont le premier volet consacré à la période 1885-1940 (de sa naissance à l’engagement dans la France Libre), relève de ce principe, nous interpelle. Dans nos sociétés devenues friandes de l’intime, qui nivellent dangereusement les valeurs, nous devons nous interroger sur la portée, l’intérêt d’une telle révélation.
Qu’y a-t-il de commun entre François Mauriac et Gide, Proust , Cocteau…, auteurs ouvertement homosexuels ? Le refus de son homosexualité s’explique-t-il simplement par l’époque peu encline à élargir les libertés individuelles, par son milieu social et des pratiques culturelles et morales réactionnaires ?
Jean-Luc Barré, dans une interview au nouvel Observateur (semaine du jeudi 19 mars 2009) n’hésite pas à évoquer un « tabou » et précise « parler de son homosexualité c’était attenter à sa mémoire ». L’auteur mentionne même le témoignage de Daniel Guérin : » Quand je l’ai connu, il pratiquait un petit peu ». La biographie intime que propose Jean-Luc Barré est remarquable parce qu’elle ne traque pas outrancièrement les preuves de son homosexualité mais tente par l’analyse de saisir la dualité d’un être qui appartenait à une génération « lasse d’Ernest Renan, d’Anatole France et du naturalisme » et dont l’aspiration première était de découvrir « les infinies ressources de notre univers intérieur » (p 203).
Pour l’auteur , « incontestablement, il va d’instinct vers les rebelles ». « Tous ses personnages sont des malaimés, différents et d’une certaine manière au bord de l’aveu », comme si nous pouvions détecter la tentation intime de François Mauriac.
En manifestant publiquement son soutien admiratif aux deux grands écrivains homosexuels de son temps (Proust et Gide), François Mauriac ne « peut éviter de trahir qu’il partage certaines de ses affinités ». Mais il n’est pas non plus exempt de contradictions qui traduisent la violence de ses « combats intérieurs ». La publication du Corydon par Gide en 1924 (sorte de confessions homosexuelles) qui fait scandale permet a François Mauriac d’être plus conciliant : « s’il existait que des homosexuels désespérés et voués au suicide, je vois bien bien la nécessité de leur montrer qu’il n’y a rien dans nature… Mais il y a tous les autres , chaque jour plus nombreux et qui ne s’embarrassent pas de ce qu’ils sont. »
Mauriac entend rester le maître de ce qu’on doit savoir le concernant , l’histoire de sa vie n’appartient qu’a lui, même s’ il cédera au désir (comme Chateaubriand qu’il dénonçait) de rédiger ses mémoires et d’ensevelir son homosexualité.
Si Mauriac se plaint dans l’intimité, notamment de ce qui l’empêche de s’exprimer librement (famille, religion), il revient à Gide en cet été 1939 où il est invité à Malagar se s’exclamer « Mais vous êtes couvert de chaînes. »
L’interrogation biographique menée par Jean-Luc Barré s’empare magistralement de son oeuvre, seul réceptacle et sans doute dépositaire de sa réelle intimité, et recherche dans son imaginaire les ferments de son homosexualité. Révéler l’homosexualité de Mauriac, éclaire son œuvre, ouvre de nouveaux espaces de réflexion et s’éloigne de révélations spectaculaires et stériles.
L’enfouissement de son « intime intimité » au coeur d’une oeuvre sensible reste finalement l’écrin de nos hésitations , de la peur et du courage qui nous animent devant ce que l’on perçoit encore trop comme de l’adversité ou de l’anormalité.
Vendredi 11 juin 2010 à 18h30
Centre LGBT « 28 BIs »
28 Bis Rue Sainte Anne à Orléans




Mais que vient donc faire le Député UMP, et néanmoins champion de judo, David Douillet dans notre cité johannique le 08 mai prochain ?
Traité de misogyne pour ses propos et sans doute pour faire bonne mesure, il a rétorqué dans la foulée : « On dit que je suis misogyne, mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ! »
Ce vendredi 29 avril 2010 s’est déroulée l’Assemblée générale qui a réunit les adhérents 2009 et 2010 de l’association, des sympathisants, quelques uns de nos financeurs, partenaires et élus. Nous avons présenté l’ensemble de nos activités 2009 et renouvelé notre Conseil d’administration à cette occasion. Nous avons pu remettre à SIDACTION, présent à notre A.G., un chèque du montant collecté par le collectif des associations de lutte contre le sida du Loiret. Un verre de l’amitié est venu clôturer cette instance statutaire.





