Le GAGL 45 accueille « l’aigle noir », « combat le mal de vivre », salut « sid’amour à mort », voyage à Vienne, à Nantes, à Gottingen…et s’exclame « Chapeau bas » « Madame ». Je me souviens avoir découvert, il y a bien longtemps (!) dans Télérama,un classement de chanteurs qui plaçait Barbara dans la famille « sort ses tripes », la grand-mère était Edith Piaf, la mère Barbara, la fille Anna Prucnal. « Une voix qui cautérise les plaies » disait d’elle Gérard Depardieu en 1986 quand il partageait l’aventure de Lily passion. Barbara poétise notre existence , transcende notre réel , nous met au défi de découvrir nos richesses (« riche de dépossession, n’avoir que sa vérité, posséder toutes ses richesses »), évacue les tabous et nous invite à l’exigence(« ne pas parler de poésie en écrasant les les fleurs sauvages »). Il faut la réentendre chanter « les amis de monsieur »pour entrevoir l’embrasement humoristique qu’elle peut offrir à une chanson et que confirme certains interwiews ou témoignages (celui de Romanelli). Disparue le 25 novembre 1997, Barbara fut une chanteuse « populaire » atypique comme en témoigne son répertoire, ses compositions (et la première d’entre elle, »Dis quand reviendras-tu ») les salles où elle se produisit de l’Ecluse (1958), à Bobino (où elle ravit le vedette en 1964 à Georges Brassens), à l’olympia (1969, 1978), le chapiteau de Pantin (novembre 1981), le théâtre du Châtelet (1987, 1993), Mogador(1990)…où le public lui réservait un accueil démesuré, fiévreux que certains enregistrements publics conservent (sur la chanson « l’ile aux mimosas » le public répond directement à sa chanteuse et celle-ci conserve dans la publication live cette intrusion de certains spectateurs, « et si tu m’avais trouvé » , « je t’ai trouvé », « et s’il n’était pas trop tard » « il n’est pas trop tard »…). Personne, et encore moins le GAGL, n’a oublié aussi qu’elle fut la première à inscrire dans son répertoire le sida, « sid’amour à mort »(théâtre du Châtelet , 1987), mais plus universellement à transcrire la douleur de sentir différent , incompris (« le mal de vivre »)… Barbara a parlé aux homosexuels, aux lesbiennes, « aux hommes et femmes de bonne volonté » par la mise en scène poétique de sa vie, de la mort déchirante d’un père exilé et déserteur(« Nantes »), au bouleversement de redécouvrir son « enfance », à la captation de l’amour, passé présent…(« Drouot », « Vienne »…). Ses prestations scéniques émerveillent par sa capacité à joindre aux mots, la gestuelle décuplant l’émotion. Ainsi sa scène se peupla « d’objets » familiers(un piano, un rocking chair) comme un prolongement de son être, vecteur de ses colères de ses apaisements, de son désir(ah les arabesques qu’elle pouvait dessiner en ployant son corps auprès de son piano …). Réfugiée sans doute dans son « île aux mimosas », Barbara hante nos mémoires, dessine encore des arabesques de désir , de colère autour de son piano et soulève l’enthousiasme d’un public médusé par son engagement physique, moral, artistique.
En « lettres de feu », nous tenterons d’écrire ce vendredi 10 juin 2011, le portrait de la dame en noir. Cette soirée donnée par le GAGL le vendredi 10 juin 2011 est dédiée à ceux qui continuent de composer une tribu autour de Barbara, à tous ceux qui ont parfois « le soleil noir », ou qui par une formule magique « Perlimpinpin », rêvent de changer le monde. Après cet échange, nous vous proposerons le verre de l’amitié, suivi du repas où chacun apporte un plat à partager.
« Notre plus belle histoire d’amour » …c’est elle : BARBARA.
Vendredi 10 juin 2011 à 18 h30
au 28 bis rue Sainte Anne à Orléans
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