La dix-septième édition de Désir…Désirs est placée sous le thème des « Amours d’enfances ». Derrière cette expression charmante au parfum de tendre nostalgie peuvent toutefois se dessiner d’autres approches beaucoup moins innocentes et des tragédies destructrices qu’il n’est pas facile d’évoquer. Pendant la préparation de cette programmation, l’équipe du festival a bien pris conscience des réticences et du malaise récurrent quand on aborde la délicate question du désir de – ou pour – nos chères têtes blondes.
Les « Amours d’enfances » permettent d’interroger plusieurs formes du désir ou des désirs, ce qui est l’essence même du festival. Nous montrerons des premiers émois qui ignorent encore tout des distinctions adultes entre l’amitié, la tendresse et la sensualité. En deçà de la morale et des tabous, ces Jeux interdits (en partenariat avec la Cinémathèque) vont de l’enfance la plus tendre au seuil de l’adolescence (Krampack). Ils conduisent à ce passage mystérieux et insaisissable qui nous coupe à tout jamais de l’enfance pour nous propulser dans la réalité de la vie. La Petite de Louis Malle, l’iconoclaste Mon copain Rachid en ouverture du festival, les courts-métrages du Ciné P’tit-déj. (en partenariat avec Centre Images) ou C’est pas moi je le jure (en partenariat avec les commissions « Jeune Public » et « Vague Jeune » des STUDIO) en seront quelques illustrations très diverses.
Plus complexe et plus polémique, nous aborderons aussi l’indéniable attirance de l’enfant pour l’adulte : que signifie-t-elle vraiment ? Un besoin d’affection ou d’attention, une mise à l’essai de la séduction naissante, un réel désir sensuel, une étape de leur construction identitaire ? Comment comprendre et interpréter avec une conscience adulte ce regard particulier et troublant que nous voulons résolument conserver innocent ? Comment répondre à cet appel sans blesser ni souiller ? L’exercice est périlleux mais il inspire depuis toujours les artistes et il divise – parfois violemment – les éducateurs, les psychiatres/psychanalystes/psychologues, les politiciens etc. C’est un fait de société : il pose la question de la responsabilité, de la morale, des droits et des libertés de l’enfant.
Enfin, nous ne reculons pas devant l’obstacle qui révulse, dont le mot même est tabou : la pédophilie. La réalité existe : l’ignorer ne résout rien. Les films aussi sont là, comme le troublant et méconnu L.I.E., le surprenant Hard Candy, The Woodsman si pathétique ou le pamphlet documentaire Délivrez-nous du mal.
Par ailleurs, Désir…Désirs offre cette année une carte blanche à Didier Roth Bettoni, auteur et spécialiste du cinéma de l’homosexualité, ainsi qu’à Benoît Résillot, danseur, chorégraphe, réalisateur, performeur…
Nous poursuivons notre complicité militante avec le CNP autour de l’identité de genre avec L’Ordre des mots, poignant témoignage d’exclu-E-s de la binarité masculin-féminin.
Des courts et des longs, des avant-premières, des inédits et des classiques… dix-sept séances, des courts métrages avant les films de la programmation générale et beaucoup d’expositions, pour le plaisir et pour questionner le monde du désir… des désirs. Nous vous espérons nombreux pour ce voyage aux portes de l’enfance !
L’équipe de Désir…Désirs
[ Extrait de l'Edito du festival ]

Programme Festival Désir Désirs 2010 - Amours d'enfances:
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du 20 au 27 avril 2010 à Tours
Plus d’infos : desirdesirs.com
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